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Henri nous a quittés subitement ce dimanche 5 octobre, par un beau jour de ses trop rares vacances. C’est probablement une rupture d’anévrisme qui l’a emporté en un instant. Nous étions en week-end chez nos amis près
d’Alicante. Il était détendu, heureux d’enfin découvrir l’Espagne, et
fasciné par cette végétation méditerranéenne d’orangers, de palétuviers,
d’aloès, de mimosas.
Henri Bernard lors de la plantation de l'arbre des habitants en mars 2006 (photo : Marc Faucon)
Henri sera rapatrié d’Espagne dans les jours qui viennent. Mais les
formalités administratives sont compliquées et il n’est pas encore possible
de fixer une date certaine pour ses obsèques, que nous prévoyons pour le
milieu de la semaine prochaine, d’abord à Bruxelles, dans le quartier, puis
dans son village de Hamoir-sur-Ourthe où il reposera près de ses parents.

Ilta, Hélène et Nicolas, nos enfants, se joignent à moi pour remercier tous
ceux qui nous ont déjà envoyé ou dit leurs marques de sympathie, émouvantes et sensibles. Merci de la chaleur du petit village qu’est resté le quartier. C’est un profond et vrai soutien dans ces jours douloureux. A très bientôt.

Marie-Do Bernard, le 9 octobre 2008

La végétation méditerranéenne dans l'objectif d'Henri

Les hommages déjà parus :

- Inter-environnement

- Télé Bruxelles

- Le Soir

- M.H., une habitante du quartier

- Ulysse

- Ariane

- Gwen

Lors de la cérémonie, les anges-gardiennes du quartier porteront les témoignages des proches d’Henri. Si vous désirez prendre la plume pour apporter votre témoignage ou rendre un hommage à Henri, n’hésitez pas à le faire via le forum de cet article (en cas de problème écrivez à la La webmestre ou en écrivant a l’AQL (44 rue Vautier, 1050 Bruxelles- aql@brutele.be).

À propos de cet article

Publié le vendredi 10 octobre 2008

Par
Marie-Do
Dans
Henri Bernard
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Mots clés:
Vie du quartier européen Habitants de l’Europe et du monde, Européens, Africains, ... Arbres Henri Bernard

  1. 1 par Gwen Octobre 2008 à 15:57

    Bruxelles et le quartier Léopold perdent un de leurs plus généreux emmerdeurs.

    Henri Bernard est décédé le 5 octobre, alors qu’il était en vacances. L’information résonne bizarrement. Il y a en effet quelque chose de paradoxal, de décalé, à associer le mot "vacances" au nom de l’infatigable animateur de l’Association du quartier Léopold. A son (grand) âge, cet éternel jeune homme à la personnalité hyperactive s’était-il finalement accordé un peu de calme et de repos ? On n’y croit pas une seconde. Mais tout de même : il lui arrivait donc de quitter son quartier, sa ville et même son pays…

    Sa disparition attriste à plus d’un titre. Pas seulement parce que le gaillard était encore en pleine forme, qu’il continuait à avoir de nouveaux projets chaque jour, ou encore que sa présence, ses interventions et même ses allures d’Andy Warhol tourmenté vont cruellement manquer dans bon nombre de réunions… Mais aussi parce qu’on se dit — un peu bêtement, comme souvent dans ce genre de cas — qu’on ne célèbre pas assez de leur vivant les gens qui nous sont importants. En ce qui me concerne, un de mes regrets est que personne n’ait à ce jour écrit un livre ou tourné un film sur Henri Bernard. Cet homme était une mine, une véritable mémoire de la vie politique et syndicale du pays, une encyclopédie vivante de l’histoire de la région bruxelloise, et même le gardien des archives des habitants d’un quartier en lutte contre sa transformation en paradis du mètre carré de bureau pour eurocrates et lobbyistes… C’est un point de repère qui disparaît dans la jungle urbaine.

    Des personnages comme ça, on n’en rencontre vraiment pas souvent. Heureusement, diront certains ! Pour les bétonneurs et autres planificateurs du quartier européen, sa disparition est sans doute une bonne nouvelle. Car le bonhomme insupportait. Envahissant, borné, monomaniaque, il était surtout informé, rusé et tenace. Terriblement tenace... et indécrotablement bavard ! Doté d’un débit de paroles à peu près intarissable, c’est une de ces personnes qui tout en se donnant la liberté de multiples détours dans une discussion, ne perd jamais de vue l’idée qu’il a en tête, l’objectif auquel il veut arriver... Bien malin, celui qui peut prétendre avoir mis fin à une conversation avec Henri Bernard avant que lui-même ne l’ait lui-même décidé ! Inlassablement, il poursuivait son flot d’arguments, de références historiques, étalant sa parfaite maîtrise des dossiers et mettant une culture inépuisable et une force de conviction à toute épreuve au service de la cause.
    Inutile de préciser que malgré les aversions et les inimitiés qu’il suscitait, il lui arrivait souvent d’obtenir des résultats ! L’animal savait aussi être un grand séducteur et ne pliait jamais. Un perpétuel résistant, refusant de se résigner même confronté à de puissants intérêts et à des adversaires du genre "rouleaux compresseurs".
    Pour ses alliés non plus, le bonhomme n’était pas toujours facile. Il pouvait irriter au premier abord. Il avait parfois raison seul contre tous. Il lui arrivait aussi de s’énerver tout rouge… Sans doute sa façon à lui de prendre les choses à coeur, d’être entier, et cela le rendait totalement attachant. Car Henri ne défendait jamais son intérêt particulier, il recherchait l’intérêt commun, défendait les services publics, refusait la disparition de son quartier, travaillait à un projet humain pour la ville...

    Toutefois, même parmi ses nombreux compagnons de route, Henri avait parfois l’air bien seul : à maîtriser une masse d’informations indigestes, à saisir dans toute leur complexité les rouages économico-politico-immobiliers qui entraînent le quartier Léopold vers sa perte... C’est sans doute la raison pour laquelle il avait quelque peu changé son fusil d’épaule ces dernières années. Probablement travaillé par la volonté de transmettre, par l’espoir que d’autres personnes reprennent "le flambeau", il a initié une série d’initiatives destinées avant tout à ramener de la vie dans le quartier. De l’art contemporain à la bande dessinée, de la littérature à la musique, en passant par le cinéma et l’internet, ses centres d’intérêts étaient multiples, sa curiosité apparemment sans limite.

    A présent, il nous appartient d’assurer que ce passage de témoin s’effectue bel et bien et que sa mémoire ne disparaisse pas. Qu’aux quatre coins de la ville émergent et s’activent plein de généreux emmerdeurs !