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Zog nit keyn mol ... (2)

"Ne dites jamais que vous empruntez votre dernier chemin"

Jusqu’au 6 mai, nous publierons des textes sur la mémoire vivante européenne. Le 6 mai, c’est la date anniversaire de la fuite par les égouts, en 1943, des derniers défenseurs du Ghetto de Varsovie. Ces jeunes de 15 à 17 ans, ont défendu la dignité humaine contre la barbarie nazie et contre l’antisémitisme ukrainien, polonais, letton, lithuanien et biélorusse. En 2008, au moment où l’Union Européenne accueille en son sein les citoyens de ces peuples, il est nécessaire de revenir avec eux sur les rêves des jeunes du Bund et de Hashomer Atzaïr du Ghetto de Varsovie. Ces aspirations sont le levain d’une Europe démocratique fondée après la capitulation du 8 mai 1945.

19 avril 1943, 7h – Simon de Varsovie quitte le Ghetto

Simon, jeune Varsovien de 10 ans, est affublé par son père d’une casquette trop grande pour sa tête et est poussé dans un camion du commando qui quitte le ghetto pour aller au travail dans la partie « aryanisée » de la ville. Le garde, soldat allemand, a fermé les yeux. Simon ne sait pas à ce moment qu’il sera sauvé et qu’il arrivera en 1947 en Belgique pour devenir citoyen de ce pays et un futur citoyen de l’Europe unie (y compris la Pologne, nouvelle arrivée avec les pays baltes).

19 avril 1943, 10h – Simon d’Etterbeek embarque à Malines dans le 20e convoi.

Simon est un jeune Etterbeekois de 12 ans. Le 19 avril, il monte avec sa mère Chana dans un wagon du 20e convoi qui quitte Malines avec sa cargaison humaine vers l’Est. Destination : un camp nazi en Pologne, Oswiecim-Auschwitz. Avec eux, 1636 Juifs « étrangers » dont 242 enfants de moins de 15 ans. Sa grande sœur Ita, 17 ans, reste elle à la Caserne Dossin parce qu’elle est dans la catégorie des jeunes nés en Belgique et dotés de cartes d’identité belge. Elève brillante du Lycée d’Ixelles, elle n’échappera pas au 22e convoi « B » du 19 septembre 1943, càd le premier convoi des juifs qui ont la nationalité belge. La protection de la Reine Elizabeth et les « réserves » du Collège des Secrétaires Généraux n’ont donc pas suffi.

Simon, 12 ans, passe la journée en compagnie de sa mère et d’une centaine de compagnons d’infortune. Dans un wagon cadenassé et plombé. Pendant la plus grande partie du jour gris et pluvieux, le train est à l’arrêt sur une voie de garage en rase campagne, entre Malines et Louvain. Les Allemands ne souhaitent pas que ce train passe dans des gares en Belgique occupée, pendant la journée. Le train redémarrera à la tombée de la nuit. La journée est froide, comme celle du 19 avril 2008. Ce n’est pas une journée de printemps.


Le 19 avril 2008, Simon se recueille devant les noms de sa mère Chana et de sa sœur Ita, au Mémorial National aux Martyrs Juifs de Belgique, à Anderlecht.
Voir l’article paru dans "RésistanceS" http://www.resistances.be/varsovie.html

À propos de cet article

Publié le lundi 28 avril 2008

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Thésée
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Thésée écrit
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Mots clés:
Identités : belges, européennes, africaines, ... Europe XXème convoi